Ils peuplent notre ciel. Reconnaître les systèmes nuageux, comprendre pourquoi un nuage se forme dans telle ou telle situation, nous renseigne sur l’état de la météo environnante et sur son évolution.

Il est bien évident que nous ne pouvons pas faire de prévisions définitives à la simple observation du ciel, mais les nuages sont une indication intéressante et complémentaire de l’observation du baromètre et de la température. Ils nous permettent de mieux suivre l’évolution météorologique d’une situation donnée sans toutefois remplacer les bulletins de météo marine.

Nous savons que l’air chaud a tendance à s’élever. Ainsi une masse d’air chaud sous une masse d’air froid sera instable puisqu’il y aura échange continuel de particules froides qui veulent descendre et de particules chaudes qui veulent monter. Nous observons alors des nuages à fort développement vertical du type cumulus. Par contre, une masse d’air froid sous une masse d’air chaud sera stable et il n’y aura formation de nuage que lors d’un refroidissement général de la masse d’air. Nous voyons alors des nuages de type stratus sous forme de couches successives.

En fait, un nuage isolé n’est pas un lui-même caractéristique d’une situation météorologique donnée, mais c’est plutôt la succession de nuages avec la concordance d’une évolution de la pression barométrique et de la température qui peut annoncer tel ou tel type de temps. On trouve d’ailleurs souvent des cirrus dans des ciels très purs d’anticyclone sans que cela annonce l’arrivée d’une perturbation. De même, dans les ciels orageux, on trouve quasiment tous les genres de nuages sans pour autant entraîner une détérioration sensible du temps.

En fait, les systèmes nuageux peuvent être répartis approximativement en trois classes.

Les systèmes dépressionnaires

Ils sont associés à une perturbation et par conséquent se déplacent rapidement. Toutefois, ils conservent une grande stabilité des formes et sont caractérisés par une grande netteté des contours des nuages. Étant généré par la rencontre de masses d’air de températures différentes, il en résulte une séparation des nuages due à l’influence des fronts. On distingue ainsi plusieurs parties dans un système nuageux dépressionnaire.

  • La tête : le ciel est occupé par des cirrus et des cirrostratus avec parfois quelques cumulus de beau temps. La visibilité est bonne, voire excellente. Au fur et à mesure que le corps s’approche, le ciel se couvre complètement et le plafond s’abaisse. Alors apparaît l’altostratus sous forme d’un voile grisâtre et uniforme.
  • Le corps : il correspond à la partie postérieure d’un front chaud. Il est donc caractérisé par l’apparition d’altostratus et de nimbostratus avec quelques nuages bas déchiquetés. La pluie fait alors son apparition sous forme continue et la visibilité devient médiocre, voire nulle.
  • La ligne de grains : dans le secteur chaud, le ciel est bas avec une couche continue de stratocumulus et quelques bruines. L’arrivée du front froid, c’est-à-dire le passage du corps à la traîne, est caractérisée par une ligne de grains assez droite (environ 80 km), une grande instabilité de l’air et donc l’apparition de cumulus et de cumulonimbus. La visibilité s’améliore sauf sous les grains de pluie, de neige ou de grêle associés à des vents violents et changeants.
  • La traîne : Elle est déterminée par une zone de temps variable. Elle annonce la fin du passage de la perturbation. Toutefois, il reste encore des nappes discontinues de stratocumulus et d’altostratus ainsi que de nuages bourgeonnants cumulus congestus et cumulonimbus. Bientôt le ciel ne contient plus que quelques cumulus. Le beau temps revient à moins qu’une autre perturbation s’enchaîne.
 

Les systèmes orageux

Ils sont caractérisés par un déplacement lent, une déformation rapide dans le temps, et des contours flous et irréguliers. Avant l’arrivée des orages proprement dits, apparaît un ciel préorageux avec un voile de cirrus denses et de cirrostratus puis quelques altocumulus et cumulus. Puis le ciel devient chargé, l’atmosphère lourde avec des cumulus congestus à très fort développement vertical et des cumulonimbus accompagnés d’averses violentes.

Les systèmes à altocumulus

Ils sont en fait des systèmes dépressionnaires affaiblis. On les observe donc dans les parties latérales d’une perturbation : bord de corps et zones de liaison. Le ciel ne se couvre pas complètement, mais on y trouve des bancs isolés d’altocumulus de forme lenticulaire et en perpétuelle transformation, accompagnés parfois de cirrocumulus.

 Ainsi, à partir de l’observation et de la reconnaissance des nuages et de leur association en systèmes nuageux, nous pouvons définir un type de temps et donc prévoir l’évolution de la situation atmosphérique en complétant ces informations par une lecture suivie du baromètre et de la température.