Nous sommes au cœur d’une révolution inédite qui bouleverse l’économie et le management à une vitesse foudroyante. Aujourd’hui, dans toutes les entreprises, le défi majeur est celui de la transformation digitale. Les mutations en cours sont radicales, profondes et rapides.

La révolution digitale n’est pas l’affaire de quelques spécialistes, mais de tous, car tous les secteurs, toutes les activités, toutes les fonctions de l’entreprise et donc tous les métiers sont concernés.

On n’assiste pas seulement à une révolution digitale mais à des révolutions digitales au fur et à mesure que les technologies arrivent à maturité (marketing interactif, Big data, cloud, 3D, intelligence artificielle, blockchain…). D’autres apparaîtront, c’est certain. Ce n’est pas l’affaire de quelques spécialistes, mais de tous, car tous les secteurs, toutes les activités, toutes les fonctions de l’entreprise et donc tous les métiers sont concernés. Cela est vrai non seulement pour les entreprises mais aussi pour la société toute entière. C’est pourquoi nous avons qualifié ces révolutions digitales de 4ème révolution industrielle lors du Forum économique mondial de Davos l’année dernière.

La première révolution digitale a été celle du eCommerce et de l’expérience client : design thinking, marketing interactif, solutions mobiles et analyse de données permettent une relation client multicanale de plus en plus personnalisée. La deuxième vague est celle de la digitalisation des fonctions de l’entreprise pour une meilleure efficacité opérationnelle et variabilité des coûts : gestion de l’IT sur le cloud, automatisation des processus…

La vague à venir, la plus transformative, sera celle de la digitalisation des opérations : l’internet des objets, l’intelligence artificielle, blockchain permettront de nouveaux gains de productivité (maintenance prédictive des machines grâce à l’analyse des données embarquées sur les machines, support des techniciens par la réalité augmentée…) tout en créant de nouveaux services (voiture autonome, cités connectées…) .

Au cœur de ces transformations, de nouveaux métiers (autour de l’analyse des données, la cyber sécurité, l’expérience client…) émergent et surtout, de nouvelles façons de travailler et d’interagir, de nouveaux modèles économiques et organisationnels, et de nouveaux leviers d’innovation sont en train de se créer. Dans un monde à la fois ouvert, complexe et incertain, le défi majeur des entreprises est de comprendre toutes les implications, notamment managériales, de ces révolutions digitales. La responsabilité des managers est donc de faire émerger, de structurer et de diffuser au sein des équipes une culture digitale, qui devra être un élément fédérateur et l’un des socles de l’entreprise de demain, au même titre que sa mission et ses valeurs.

Dans ce contexte, les jeunes générations ont un rôle particulier à jouer au sein des entreprises : il leur revient d’être les fers de lance de la transformation digitale et les promoteurs de cette nouvelle culture.

Pour les entreprises, cela implique de savoir écouter et comprendre les préoccupations et les attentes des plus jeunes, et s’adapter en conséquence pour qu’ils puissent exprimer leurs talents, créativité et créer de la valeur.

L’essor actuel des « EdTech » doit ainsi beaucoup à des jeunes à peine sortis du système scolaire ou universitaire.

Ces révolutions numériques ouvrent aussi de nouveaux horizons en matière de formation. Les jeunes qui entrent aujourd’hui dans l’enseignement supérieur doivent ainsi se préparer à devenir ces acteurs de la transformation au sein de l’entreprise. Désormais, l’acquisition d’une culture digitale doit être inscrite au cœur de toutes les formations, qu’il s’agisse de l’ingénierie, du management, de la médecine ou encore des disciplines artistiques, voire même des sciences humaines et sociales, tant les implications sociétales des mutations en cours sont considérables. Cela vaut également pour les formations techniques et professionnelles.

C’est pour répondre à ce défi que l’ESSEC Business School a choisi de transformer son offre : création de formations spécialisées telles la chaire Accenture Strategic Business Analytics, ou encore évolution de son programme MBA. Ce nouveau programme de très haut niveau, proposé en France et à Singapour, est résolument tourné vers les enjeux de la transformation des entreprises, avec un choix de six majeurs correspondants à de grands champs d’activité : finance, stratégie et management, entrepreneuriat et innovation, management des marques de luxe, management hôtelier et business digital. Il s’agit en fait de permettre à de jeunes professionnels d’acquérir une forte culture digitale et surtout de la marier avec leurs compétences professionnelles pour se tourner vers l’avenir. Aujourd’hui, c’est ce mariage qui constitue la clé de la création de valeur pour les entreprises, la clé aussi d’une carrière réussie.

Concevoir un diplôme et une formation pour répondre aux questions les plus importantes de notre temps, c’est au fond la tâche la plus fondamentale d’une institution d’enseignement et de recherche.

Cet article a été co-écrit avec Jean-Michel Blanquer, directeur de l’ESSEC.