Vous trouverez ci-dessous le lien vers un documentaire, les veilleuses de chagrin, réalisé par Frédérique Odye l’année dernière, réalisation à laquelle la SNSM du Finistère avait été invitée à s’associer.

Ce film est habité par des femmes admirables d’oubli d’elles-mêmes, de fidélité, de dignité et de foi. Celles dont le mari n’est pas revenu, celles qui ont connu les longues séparations des campagnes lointaines, celles encore qui ont vu leur mari accoster la retraite et renoncer aux grands espaces. Toutes témoignent avec beaucoup de simplicité de l’acceptation d’un destin rude, éclairé par une vie de couple ‘au long cours’ – avec un vivant ou avec un souvenir – et par un fatalisme forgé par des siècles d’adversité. L’expression pudique de leur chagrin parle pour toutes celles qui ont connu la douleur d’avoir perdu les hommes dont les beaux visages peuplent le cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu.

Le littoral finistérien (et malouin), le phare qui domine l’abbaye, les figures en kersantite des calvaires et du mémorial, les chapelles, leurs ex-voto, les rochers battus par la mer, les plans d’eau calmes et les cimetières de bateaux illustrent l’âme forte et un peu taciturne du pays breton. Ces paysages qui résistent au temps parlent d’éternité et invitent à la spiritualité.

Les vacations de Radio Conquet, le bruit de fond si familier de la VHF et de la BLU en passerelle, la magnifique bande son – musique et chants – restituent à merveille ce sentiment ambivalent de solitude tempérée par la solidarité que les marins partagent avec ceux qui peuplent l’horizon optique ou radar.

Frédérique Odye a mis sa sensibilité et son talent au service d’un témoignage subtil et émouvant, et aussi d’un bel hommage à ceux qui sont partis dans leur plus bel âge.

Qu’elle en soit à nouveau remerciée.